De l'informatique au numérique, du XXe au XXIe siècle
Paradoxes II : travailler plus pour gagner plus, ou moins, ou...

CES 2012 : la convergence s'affirme

L'intensité du développement de la planète numérique reste largement une vision conceptuelle quand on s'en tient aux seules statistiques.  Leur démesure spectaculaire ne rend pas compte des bouleversements en cours. En dix ans, soit une fraction de seconde du temps géologique, 5 milliards de terriens ont accédé à la téléphone mobile et 2,1 milliards à l'usage d'Internet. Plus encore le développement de l'Internet mobile rapproche ces deux mondes en créant une mobiquité dont l'ampleur était encore inimaginable il y a quatre ans lors de la sortie de l'iPhone. Rien de tout ceci n'a été prévu, programmé, orchestré.

S'il fallait encore se convaincre du caractère universel de cette transformation, il suffit d'observer les voyageurs d'un TGV. Chacun utilise un, voire plusieurs, objets numériques pour se distraire, regarder un film ou lire un livre numérique, pour s'informer ou travailler, pour communiquer, parfois sans trop de discrétion... Enfants, grand-parents ou professionnels, quel que soit l'âge ou le rôle social,  les objets utilisés sont de format différent mais ont été intégrés de façon naturelle dans le quotidien de chacun. Le monde de l'Internet, du smartphone, ont créé une culture de la mobilité et de la collaboration sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Le vieux monde construit sur la rareté de l'information, sa gestion monopolistique  et son contrôle central s'effondre pour faire place à un monde polycentrique où chacun est à la fois émetteur et récepteur d'information, en tout lieu, à tout instant, avec une pluralité d'outils.

S'il fallait désigner un lieu sur la planète où cette transformation se visualise de façon  évidente, le Consumer Electronic Show en est le candidat par excellence... En effet, le monde du numérique se retrouve chaque année au Consumer Electronic Show dont la 44e session vient de se clore à Las Vegas. Ce qui n'était à l'origine qu'un vaste salon du son et de la télévision est devenu la manifestation globale de l'ère numérique.


Avec  3100 exposants  répartis sur la plus grande surface de l'histoire du CES, 17 ha, l'édition 2012 à attiré 153000 professionnels du monde entier. 20000 nouveaux produits ont été présentés et tous les dirigeants de la planète numérique s'y sont rencontrés. Mais ne sont plus présents les seuls acteurs de l'infrastructure, des produits et services numériques. Aux côtés des dirigeants de l'industrie informatique et télécommunications -Qualcomm, Microsoft, Intel, Xerox, Ericson - , des fournisseurs de services -Google, eBay, Facebook, Verizon - , se précipitent maintenant au CES les dirigeants de l'ancienne économie qui n'hésitent plus à montrer que leurs métiers de base sont revisités par le numérique. Ford est un habitué,  Mercedes a emboîté le pas d'Audi, présent en 2011, Unilever,Wal-Mart, General Electric ont fait une apparition remarquée en 2012.

Si sur la forme le CES affirme son rôle de manifestation mondiale phare, on peut dire que sur le fond il n'a pas apporté  de surprise  mais largement confirmé et amplifié les tendances. La révolution numérique continue à avancer, dans tous les continents, dans tous les usages. D'un CES à l'autre se dessinent et se complétent les vagues de transformation. En 2012, ce sont l'automobile et la santé, la gestion individuelle de l'énergie, la polyvalence des écrans, le développement de l'internet des objets qui attirent l'attention. Mais la 3D qui était le "must" de 2011 et 2010 n'a pas disparue, elle devient mature...

Tout communique : les hommes et les machines. Tout est cohérent : peu importe le contenant, images, voix, données, le contenu est distribué partout sous la même forme  à travers des objets choisis au gré de l'utilisateur pour leurs propriétés contextuelles. Le smartphone est l'outil de la mobilité quotidienne, la tablette et le PC allégé et mobile sont désormais accompagnés des téléviseurs connectés qui offrent un grand confort d'utilisation grâce à leur écran et permettent un partage collectif de l'experience numérique qui n'ets plus nécessairement un exercice solitaire.

L'expérience de l'utilisateur, du client et du citoyen, est fabriquée, enrichie, partagée  au cœur de son propre système à travers les trois axes cognitif, décisionnel, émotionnel. La continuité numérique prolonge l'expérience à travers des codes de mobilité qui sont devenus des standards. Les données, qui s'affranchissent du support grâce à la diversité des outils d'accès et surtout de la capacité à être stockée en dehors des machines dans le nuage  retrouvent tout leurs sens.

Le CES par son impact visuel, par la confrontation des points de vue offre un moment unique de lecture de la société numérique et de compréhension des mouvements rapides qui l'animent. Alors que le numérique tend à dissocier les facteurs de transformation, le CES permet de comprendre leur unité et leur cohérence. C'est une manifestation irremplaçable pour qui veut embrasser d'un seul regard et en un seul lieu la puissance et la diversité de la révolution numérique.

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