Néanmoins la solution électrique apparaît aujourd’hui pour la première fois en position de force. L’argument principal en faveur de ce mode de motorisation réside dans l’absence d’émission de polluants sur le lieu d’utilisation, et un impact moindre sur les gaz à effet de serre. Les menaces d'augmentation durable et erratique du prix du pétrole alimentées par sa raréfaction incontournable font également peser sur le moteur à explosion une incertitude constante. Toutefois, encore plus que la sensibilité environnementale, c’est l’agrément d’usage qui risque d’être le facteur qui va déclencher de nouvelles pratiques. Car le silence de fonctionnement, la capacité d’accélération et l’automatisme naturel sont des éléments clefs d’une conduite séduisante. Ces caractéristiques sont toutefois ignorées du public faute d’offre tangible.
Mais au-delà de l’automobile individuelle, pour laquelle les constructeurs automobiles démontrent un engagement fort, comme Renault Nissan qui ambitionne de devenir le leader mondial du véhicule électrique, l’utilisation de la propulsion électrique commence à explorer des formes nouvelles qui vont faire bouger les schémas habituels de circulation et offrir des services nouveaux.
- La livraison de marchandises en ville est un problème majeur qui n’a pas de réponse satisfaisante aujourd’hui compte tenu de la nécessité de relier les entrepôts logistiques en périphérie avec les commerces des centres villes étroits et congestionnés. Pour les particuliers, la difficulté de la livraison finale des colis des produits achetés sur internet reste le point faible de l’e-commerce. Il est clair que la livraison urbaine est freinée par l'offre actuelle de véhicules utilitaires, encombrants et bruyants. On peut imaginer que la possibilité de livrer tardivement le client final, comme d'approvisionner de nuit les magasins, vont apparaître comme des avantages majeurs du véhicule utilitaire électrique.
- Le déplacement des personnes s’est transformé : le développement des deux roues motorisés au détriment de l’automobile pose de nouveaux problèmes d’occupation de l’espace, de cohabitation problématique entre les différents usagers, et de pollution. La part des déplacements par deux roues à moteur a doublé en cinq ans à Paris. Or les normes d’émissions de polluants sont aujourd’hui moins sévères pour ces véhicules que pour les voitures. La norme Euro 3 ne leur est imposé que depuis 2007, et le débridage fréquent conduit à des émissions très élevées ; l’ADEME a publié une étude complète sur la comparaison entre deux roues Euro 2 et Euro 3 et voitures Euro 4 qui démontre une amélioration de la situation pour les motos et scooters de moyenne cylindrée malgré un niveau d’émission qui demeure élevé (moyenne de 87 g/km CO2 pour les scooters 125 Euro 3).
- Les autobus sont la plupart du temps en France des véhicules diesel sonores. L'utilisation d'autobus électriques et de véhicules plus petits pour les zones sensibles - quartiers historiques, stations de montagne ou balnéaires- présente pour les collectivités locales un avantage majeur en terme de qualité de service. Il en est de même pour les véhicules d'enlèvement des ordures ménagères ou d'entretien de la voirie.
Or la gamme des véhicules électriques arrivant aujourd’hui sur le marché permet d’envisager des réponses attractives à ces problèmes.
Pour en administrer la démonstration, la Ville de Paris organise sur le parvis de l’Hôtel de Ville une exposition du 11 au 16 septembre illustrant la diversité des approches du transport urbain qu’autorise la propulsion électrique moderne. Une vingtaine de constructeurs, entreprises, distributeurs et organismes présentent leurs propositions. Outre les véhicules des constructeurs automobiles nouveaux, déjà connus, comme Bolloré avec sa Blue Car ou Heuliez qui mise son avenir sur sa gamme électrique, dont la Friendly, on peut observer sur ce mini-salon électrique des véhicules moins connus.
Sur le marché du transport de marchandises et de personnes, on trouve ainsi des autobus, comme le Breda Zeus de 27 places
et des véhicules utilitaires britanniques Modec, de 5,5 tonnes, avec 100 à 150 km d'autonomie, diffusés en France aujourd’hui par Electruckcity. Le marché visé est celui des transporteurs urbains et les collectivités locales.
Les deux-roues sont bien représentés : Matra expose et fait essayer quelques exemplaires de sa gamme déjà étoffée de vélos à assistance électrique (VAE) et des cyclomoteurs et scooters électriques aux capacités intéressantes (le e-MO dispose de batteries amovibles rechargeable, d'une vitesse de 45 km/h et d'une autonomie de 40 km). Matra présente aussi pour la livraison en milieu urbain des quads électriques. Des sociétés se sont créées pour exploiter ces solutions pour le transport des marchandises, comme Lungta ou même de personnes comme Urban Cab.
Cette exposition suscitait chez les visiteurs un véritable intérêt, mais aussi beaucoup d'interrogations sur la disponibilité des véhicules, leur prix réel et les conditions pratiques d'autonomie et de recharge. Il paraît clair que l'opinion est encore attentiste face à ses promesses stimulantes mais encore éloignées des réalités du marché et des concessions automobiles. Les attentes sont fortes, il est temps que l'offre se dévoile et se concrétise.
http://www.matra-ms.com/
http://www.bollore.com/
http://www.heuliez.com/fr/pages/our_products/electric.php
http://www.electruckcity.com/
http://ecocitoyens.ademe.fr/mes-deplacements/adopter-leco-conduite/les-deux-roues-motorises
La Ville de Paris encourage les déplacements propres avec une subvention à l’achat de cyclomoteurs électriques (à hauteur de 25 % du prix d’achat TTC du véhicule neuf, dans la limite de 400 €), qu’elle compte étendre aux vélos à assistance électrique (VAE) lors du prochain conseil de Paris (28-29 septembre). Avec un vélo classique, la distance moyenne parcourue quotidiennement est de 4 km et passe à environ 8 km avec un VAE.
Une liste de camping peut faire une grande différence quand il s'agit de la sécurité. Selon l'emplacement de votre voyage, il est toujours important que vous connaissez les dangers et comment les réduire.
Rédigé par : véhicules utilitaires | 11 mars 2011 à 23:38