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02 septembre 2009

Commentaires

saveiro

"C'est sûr, le web rend idiot"…?
-Pas si sûr, car on l'était peut-être déjà en arrivant!

Jean-Pierre Corniou

Vous résumez sobrement ce que je pense: le web est un formidable outil de communication, de documentation, d'échange, de formation, de dialogue.... dès lors qu'on l'utilise pour ça avec les outils intellectuels qui permettent le décryptage, le discernement, lae libre arbitre. Mais comme le web fait désormais partie de nous, il nous aide à nous transformer comme il contribue à satisfaire nos instincts médiocres. Il faut donc des régles du jeu et un cadre incitant à développer l'intelligence collective, l'outil n'y parviendra pas seul.

S Benhamou, Paris

Merci pour ce billet plein de vigueur.
J’en partage beaucoup de points.
Un m’a particulièrement intéressé : « Face à ce déferlement de critiques, il faut raison garder en conservant une objectivité lucide. Le web n’est qu’une création humaine. »
Daniel Cohen était interviewé il y a peu de temps à propos de "La prospérité du vice" qu’il publie : il rappelait le passé de moraliste d’Adam Smith, qui avant d’écrire la richesse des nations, avait réfléchi et écrit sur l’origine de la quête de prospérité de nous tous : ce n’est pas la recherche du bien-être qui nous pousse à vouloir acquérir mais bien le regard des autres, l’envie de les dépasser.
Comme beaucoup d’activités humaines, de grandes choses se font ou entrainent de petites choses et de grands travers. Est-ce une raison pour ne pas reconnaitre ces travers ? Ce n’est pas parce que c’est humain que c’est bonne chose. Il faut rappeler Shakespeare : « Il faut que je sois cruel, rien que pour être humain ». Le web n’est qu’une création humaine ; hélas a-t-on envie d’ajouter.
Mais c’est l’opposition à internet qui a aussi ses grands travers, et le billet pointe là un vrai débat. La dernière en date est l’avalanche de critiques qui fait suite à la publication de la vidéo dite « Hortefeux au Campus de l’UMP ». Combien de clercs se trahissent, trahissent leurs missions, et la réalité en commentant sur le sujet ? Combien de gouvernants mentent, ou bernent. Choses entendues ou lues : « une vidéo pirate » : faux, c’est une télé officielle et pas un téléphone portable qui a filmé la scène. « Le buzz du web » : faux, c’est une source institutionnelle, « Le Monde » qui a lancé l’affaire ; « La mince cloison entre vie privée et vie publique s'est effondrée.» Ah bon, un campus UMP est du domaine privé ? Le domaine public commence où ? Sur le perron de l’Elysée, où à la tribune de l’ONU ?
Que de grands mensonges pour de petits règlements de comptes de la part de ceux qui ne veulent toujours comprendre que leur monde fait d’arrangements et de silences complices est terminé. Il est trop transparent, et doit on regretter avec Alain Duhamel, dans Libération du 17 sept. et par un oxymore très duhamélien, que « c’est le despotisme de la transparence » ? Peut-être, mais c’est toujours mieux que le despotisme tout court.

Yves Caseau

Je découvre un peu tard ce post fort intéressant. J'en profite pour citer mon propre point de vue, quelque peu différent, sur précisément le même sujet:
http://organisationarchitecture.blogspot.com/2009/07/biodiversite-et-competences-sauvons.html
Les différents travaux sur les "neurones de la lecture" montrent que le débat mérite d'être posé.

Jean-Pierre Corniou

Merci Yves pour cette contribution... je me suis précipité sur ton document et il n'ets pas étonnant que nous ayons eu envie au même moment de réflechir sur cette question et de citer les mêmes sources. De toute évidence le sujet est complexe et mérite une investigations scientifiques approfondie à la fois sur les mécanismes de compréhenison des impulsions multi média dont nous sommes bombardés, mais aussi sur des analyses en milieu scolaire, les enseignants ayant un défi colossal à relever. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'en 1450 quand le livre est apparu, a-t-on essayé de savoir si le cerveau des millions d'illettrés aurait les capacités d'emmagasiner et de comprendre les informations que la diffusion du livre allait rendre accessibles au plus grand nombre ? J'ai confiance dans la plasticité de nos capacités. Mais en même temps je ne cesse de rappeler à mes étudiants (et à mes clients) que connaitre n'est pas comprendre, pas plus que regarder le Tour de France à la télévision ne permet de gravir soi-même le col du Tourmalet sans effort. Or la compréhension de notre monde est un exercice stimulant et complexe qui prend du temps, nécessite du recul, des efforts, de la lecture mais aussi de l'échange... Parlons-en au prochain Galilée !

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