Une synthèse live
Paris capitale du libre

La dynamique de la mesure

Il est encore aujourd’hui trop souvent reproché à l’informatique de générer des coûts sans contribuer de façon mesurable à la production de valeur. Cette réflexion se situe tant au niveau macro-économique ( le paradoxe de Solow) qu'au niveau des entreprises. Cette critique récurrente de la non-performance de l’informatique a été largement alimentée par une longue tradition d’opacité, de complexité technique, voire d’ésotérisme du langage entretenue par les acteurs du monde de l’informatique, et pas seulement par les DSI. Cette situation n’est plus acceptable tant dans les entreprises que dans les organisations publiques. L’informatique y joue désormais, dans tous les domaines d’activité, un rôle tellement central qu'il entraîne une exigence de transparence et de rigueur.

Cette incompréhension est largement imputable à la faiblesse des outils de mesure de performance mis en œuvre dans le monde informatique. Il est encore perçu comme difficile de décrire la "production" informatique en terme simples et compréhensibles par les dirigeants soucieux de pragmatisme et de prise de décision suivie d'effet visible ! Les relations entre l’investissement dans les projets informatiques, l’exploitation des systèmes existants et les résultats opérationnels sont en effet complexes. Aussi pour surmonter ces difficultés d’analyse, réelles, il est devenu indispensable d’effectuer une percée méthodologique majeure. En effet, l’investissement informatique plafonne, les budgets sont contestés par les directions générales, et les entreprises en quête de performance sont réticentes à engager des projets informatiques aux résultats aléatoires. Introduire rigueur et clarté dans l’analyse des facteurs de production, la maîtrise des coûts et la compréhension des résultats est une condition indispensable à la création d’un climat de confiance autour de l’informatique. C’est une nécessité vitale pour les entreprises comme pour le monde de l’informatique.

Mais la recherche progresse pour mieux définir la production informatique, sa valeur et son coût. L'AFAI (Association française de l'audit et du conseil informatique) a engagé depuis plusieurs années une action vigoureuse pour développer des références méthodologiques robustes. Le CIGREF a engagé une politique active de recherche sur la mesure de l'impact de l'innovation et de la transformation des usages. L'Insititut de la gouvernance, co-piloté par le CIGREF et l'AFAI, en assure le relais.

Aussi, la communauté informatique s'est aujourd'hui dotée d'outils formalisés dont l'usage devient essentiel pour les DSI. Ainsi, dans une série de guides très concrets consacrés à la gouvernance des systèmes d'information, l'ouvrage publié parl'AFAI sur les "balanced scorecards" mérite d'être mis en exergue. La logique des « balanced scorecards » introduite au début des années quatre-vingt permet de construire un système global de management. L’application de cette méthode aux outils de la performance informatique apporte des réponses pratiques au défi de la gouvernance informatique. Définir de façon claire et synthétique les liens qui mettent en relation les différents facteurs de performance pour construire un outil de pilotage et dialogue est pour tous les DSI une préoccupation centrale qui conditionne leur efficacité et leur crédibilité. A l'heure de la préparation des budgets, où les DSI doivent une fois encore démontrer que leur direction n'est plus seulement un centre de coûts, mais un outil tonique de création de valeur, l'utilisation de cette méthode acceptée et reconnue rapproche encore la DSI des autres fonctions de l'entreprise.

Le CIGREF publie sur son site ou, avec l'AFAI, sur celui de l'IGSI, en accès libre, plusieurs documents issus de cette coopération : " Vers un standard de pilotage des coûts informatiques", le plan de comptes informatiques, le modèle IGSI de benchmarking des coûts informatiques. Ces outils sont précieux et doivent aider les contrôleurs de gestion de l'informatique, qui tendent à devenir de véritables directeurs de la performance économique des systèmes d'information, à remplir non seulement leur mission d'orientation et de contrôle mais aussi de se tranformer en pédagogues de l'économie de l'information.

Le CIGREF et ses partenaires militent pour que l’informatique devienne un champ économique maîtrisé où les décisions sont prises avec clairvoyance et sont suivies en toute transparence. Il ne fait aucun doute que cette apporche désormais largement instrumentée, et parfaitement insérée dans la logique de la gouvernance et du référentiel COBIT, sera suivie avec grand intérêt par tous les DSI et leurs dirigeants soucieux de faire bénéficier efficacement leurs entreprises de toute la puissance des technologies de l’information.

http://www.afai.asso.fr/
http://www.cigref.fr

Commentaires

piotr

Cher JP
vous savez très bien comment ça se passe chez Renault, la mesure.
On crée des indicateurs et toute la hiérarchie sans le dire et tout en le disant, truande les-dits indicateurs qu'elle a elle-même créés. Alors tout le monde est content et fait semblant d'y croire.
Bien sûr quand le client y met son grain de sel, alors ça change et les têtes sautent. On ne peut pas à la fois être dogmatique et établir dses indicateurs sérieux : c'est contradictoire , les faits le démontrent.
merci de m'avoir lu une fois de plus.
PI

jpcorniou

Vous n'avez pas tort, hélas, cher anonyme... Les indicateurs ne sont pas" la" vérité aboslue, mais "une" vérité qui correspond à un consensus du moment... Quand ce consensus n'est pas explicite, tout le monde peut légitimement ne pas se sentir engagé et c'est pourquoi il faut se doter d'indicateurs externes sérieux et reconnus. Le CIGREF, l'AFAI, les organismes de normalisation oeuvrent dans ce sens pour éviter les effets que vous dénoncez.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.